Auteur/autrice : Louisa Tshibanda
Diplomatie verte à Brazzaville Le bruissement discret des pioches a remplacé, le temps d’une matinée, le chant des perruches dans le parc séculaire de la Case de Gaulle. Jeudi 9 octobre 2025, jeunes, diplomates et élus locaux ont uni leurs forces pour planter vingt nouveaux arbres. L’opération marque le coup d’envoi du programme Ambassade verte, label décroché par la représentation française pour réduire son empreinte carbone. L’initiative arrive alors que Brazzaville intensifie ses actions de résilience climatique, articulant ambition municipale et soutien des partenaires internationaux autour des quartiers riverains du fleuve Congo. La Case de Gaulle, témoin patrimonial Construite en…
Enjeux vitaux du complexe Djiri A Djiri, dans le nord de Brazzaville, le bruissement des machines de captage se mêle désormais au fracas des pioches clandestines. Depuis plusieurs mois, La Congolaise des eaux (LCDE) constate la construction de maisons et clôtures sur son périmètre sanitaire, pourtant classé domaine public depuis 1982. Le complexe de Djiri alimente à lui seul près de 70 % des 1,9 million d’habitants de la capitale en eau potable. Ses trois lignes de pompage puisent quotidiennement 150 000 mètres cubes dans le fleuve, avant un traitement multi-étapes et un dispatching vers vingt-quatre réservoirs urbains. « Si…
Brazzaville mise sur l’agriculture intelligente Brazzaville a vécu, les 16 et 17 octobre, un rendez-vous où science et terrain se sont donné la main. Autour de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation, étudiants, chercheurs et agriculteurs ont débattu d’une voie agricole moderne, durable et résiliente. Cette initiative reflète la volonté nationale d’aligner la production vivrière sur ses atouts naturels. Plus de dix millions d’hectares arables, un climat clément et des ressources hydriques abondantes placent le Congo-Brazzaville parmi les pays africains aux marges de progression les plus prometteuses. Défis et potentiels du secteur agricole Pourtant,…
Recherche locale, levier de développement durable Dans la salle comble du palais des congrès de Brazzaville, le 10 octobre, les applaudissements ont fusé lorsque Rigobert Maboundou, ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, a lancé un appel pressant : « Investir maintenant dans notre science locale est vital ». Autour de lui, chercheurs, étudiants et entrepreneurs participaient à la première édition des Journées scientifiques et technologiques de l’Institut national de recherche en sciences de l’ingénieur, de l’innovation et de la technologie, l’INRSIIT, organisée du neuf au dix octobre. Le thème choisi, « Importance des sciences de l’ingénieur, de…
La petite saison des pluies bouscule les villes D’octobre à décembre, la moitié sud du Congo enregistre jusqu’à 260 millimètres de pluie mensuelle. Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et N’Kayi se retrouvent régulièrement sous les eaux, malgré la qualification de « petite » saison humide. Les habitants redoutent surtout les épisodes de novembre, statistiquement les plus arrosés. Les averses saturent caniveaux et collecteurs. Sans évacuation rapide, la chaussée se dégrade en quelques heures : nids-de-poule, crevasses et glissements de terrain apparaissent. « Une heure de pluie transforme mon avenue en rivière », soupire Clarisse, commerçante du marché Total, tournée vers un étal…
Un plan décennal d’assainissement inédit Mercredi 15 octobre, le gouvernement de la République du Congo a dévoilé à Brazzaville le tout premier plan national d’assainissement, un document stratégique couvrant dix ans. Validé après une journée d’échanges, il vise à coordonner l’embellissement durable des villes de 2025 à 2035. Selon le ministre de l’Assainissement urbain, Juste Désiré Mondelé, cette politique établit la base législative indispensable pour organiser un secteur longtemps dispersé. L’assainissement, rappelle-t-il, « n’est pas seulement faire de la propreté ; c’est la condition même du bien-être et du bien vivre ». Le document émane d’un large processus participatif, nourri…
Arrestations coordonnées à Owando et Impfondo Owando et Impfondo, deux chefs-lieux des forêts nord-congolaises, retiennent leur souffle. Les 15 et 16 octobre 2025, deux suspects ont été appelés à la barre pour avoir transporté ivoire, peaux de panthère et écailles de pangolin. Ces cas illustrent une délinquance faunique encore active malgré le maillage sécuritaire renforcé par la gendarmerie nationale et le Service des eaux et forêts, épaulés par le Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage. Loin d’être anecdotiques, les audiences pourraient devenir un référentiel national pour la répression du trafic d’espèces intégralement protégées, un crime…
Un pari sur l’agroforêt familiale Le bassin du Congo cherche des solutions qui protègent les forêts tout en renforçant les revenus ruraux. Dans cette quête, le modèle des « agroforêts des ménages » se présente comme un compromis entre conservation et production, en s’appuyant sur la cellule la plus résiliente : la famille paysanne. Mis au point dans le cadre du Projet de renforcement et innovation en foresterie participative (RiFoP), le concept attribue à chaque ménage un bloc forestier à gérer. L’idée est d’arrêter l’expansion agricole anarchique en sécurisant un espace suffisant pour plusieurs générations, tout en intégrant cacao, café,…
Un îlot vert diplomatique au cœur de Brazzaville Le 9 octobre, le jardin de la Case De Gaulle, dans l’enceinte de l’ambassade de France, s’est transformé en chantier végétal. Vingt jeunes arbres ont été mis en terre dans le cadre du programme « Ambassade verte », lauréat du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (ACI). Au-delà du symbole, cet îlot vert contribue à rafraîchir un quartier urbain densément bâti. Les diplomates espèrent atténuer l’effet d’îlot de chaleur, particulièrement sensible sur les rives du fleuve during la saison sèche, et améliorer le confort des riverains comme des visiteurs. Des…
Course au cœur du parc Le 11 octobre, 120 coureurs ont transformé les sentiers rouges du parc national d’Odzala-Kokoua en ruban mouvant. Trois distances – 10, 21 et 42 kilomètres – ont été lancées à une heure d’intervalle, attirant une foule enthousiaste dans la bourgade de Mbomo. Dès l’aube, la ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Lydie Pongault, a donné chaque coup d’envoi, première fois qu’un membre du gouvernement assistait à cette épreuve forestière, avant de remettre médailles et trophées célébrant l’alliance du sport et du voyage nature. Sur la boucle de 10 kilomètres, Joseph Obanga, originaire…