Auteur/autrice : Ghislain Mukendi
Un secteur forêt-bois stratégique Au Congo, le secteur forêt-bois s’impose comme l’un des piliers voulus de la diversification économique recherchée depuis plusieurs années. Le tissu artisanal, longtemps confiné aux marchés locaux, cherche désormais à escalader l’échelle de valeur tout en consolidant les emplois ruraux et urbains. Selon le ministère de l’Économie forestière, 69 % du territoire national restent couverts par la forêt, soit environ 22 millions d’hectares. Le potentiel ligneux, évalué à 900 millions de mètres cubes et composé de plus de 300 essences exploitables, n’est encore valorisé qu’à 1,7 million de mètres cubes chaque année. Sameb 2023, vitrine du…
Un partenariat bilatéral aux racines anciennes La visite à Brazzaville du maire français Olivier Araujo, reçue le 31 juillet par le président du Sénat congolais Pierre Ngolo, illustre la vitalité d’une relation qui, depuis l’indépendance, n’a jamais cessé de se densifier. Derrière les échanges cérémoniels se profile une ambition partagée : inscrire la question de l’assainissement au cœur d’une coopération technique de nouvelle génération, attentive aux impératifs climatiques et aux objectifs de développement durable. L’État congolais, engagé depuis plusieurs années dans une diplomatie verte, voit dans cette main tendue un moyen de renforcer ses capacités tout en valorisant ses propres…
Un « corridor du fer » au cœur d’une stratégie industrielle Dans l’imaginaire collectif congolais, la ligne Mayoko-Pointe-Noire reste la cicatrice vivante d’une aventure ferroviaire inaugurée au temps de l’Afrique-Équatoriale française. Le protocole signé à Brazzaville entre le Chemin de fer Congo-Océan (Cfco) et Ulsan Mining Congo réinscrit ce tracé dans la cartographie contemporaine du développement. Montant annoncé : 737 millions d’euros pour remettre à niveau 285 kilomètres de voies, ponts et gares, tout en numérisant la signalisation. En toile de fond, un impératif : extraire puis acheminer jusqu’au port en eaux profondes de Pointe-Noire près de trois millions de…
Un tournant institutionnel au cœur de la gouvernance congolaise Lorsqu’en 2003, le législateur congolais adopta les premiers textes encadrant la décentralisation, il exprimait une volonté claire : rapprocher la décision publique des populations et consolider la démocratie participative. Vingt ans plus tard, l’enjeu demeure, mais il se précise. L’audience accordée par le Président du Sénat, Pierre Ngolo, au professeur Jean Girardon, maire de Mont-Saint-Vincent et politologue reconnu, a ravivé le débat sur l’équation fondamentale qui soustend la dévolution des compétences : sans moyens financiers adéquats, la noblesse des textes risque de demeurer théorique. Cette rencontre, qualifiée de cordiale par les…
Stabilité institutionnelle et mémoire politique du Congo-Brazzaville À l’heure où plusieurs capitales d’Afrique centrale affrontent encore la fragilité des transitions, Brazzaville revendique une continuité étatique qui s’enracine dans la Constitution de 2015 et l’expérience gouvernementale du président Denis Sassou Nguesso. L’architecture semi-présidentielle, forte d’un Parlement bicaméral et d’un Tribunal suprême, offre un cadre normatif qui, selon les observateurs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, garantit la prévisibilité des décisions publiques. La mémoire des années 1990, marquées par la guerre civile, explique en partie la priorité accordée à la paix sociale ; un consensus transpartisan s’est ainsi cristallisé…
Ouverture nationale des épreuves du BEPC 2025 Sous un ciel de juillet déjà dense, le lycée Chaminade de Brazzaville a servi de cadre au coup d’envoi officiel de la session 2025 du Brevet d’études du premier cycle. Entouré de cadres administratifs, de représentants d’enseignants et de parents d’élèves, le ministre de l’Enseignement général, Jean-Luc Mouthou, a rappelé le caractère « hautement républicain » de l’événement, dont l’enjeu dépasse la simple validation d’un cursus scolaire pour toucher à la cohésion nationale. Dans les 542 centres disséminés sur l’ensemble des 342 000 km² du territoire – et jusqu’aux antennes diplomatiques de Luanda,…
Une diplomatie climatique à Brazzaville Dans la moiteur de juillet, la résidence de France à Brazzaville s’est transformée en forum climatique. À l’orée de la fête nationale française, l’ambassadrice Claire Bodonyi a posé, d’une voix ferme, le socle d’un partenariat bilatéral résolument vert. Elle a rappelé que la République du Congo, dépositaire d’une partie essentielle du Bassin du Congo, constitue, selon l’expression désormais consacrée, le « deuxième poumon de la planète ». C’est donc tout naturellement que Paris confirme vouloir inscrire la relation politique et économique avec Brazzaville sous le signe de la gestion durable des forêts et de l’adaptation…