Auteur/autrice : Dieudonné Mukendi
Au cœur de l’Afrique équatoriale, un carrefour encore méconnu Traversé par l’équateur sur près de la moitié de son territoire, le Congo-Brazzaville occupe un espace charnière entre le golfe de Guinée et les Grands Lacs. Ce positionnement lui confère un rôle pivot dans les corridors logistiques reliant le Cameroun, le Gabon et la République démocratique du Congo. Les géographes rappellent que de Pointe-Noire à Ouesso, le pays présente près de 1 500 kilomètres de latitudinalité, articulant zones littorales, plateaux forestiers et cuvettes fluviales. À l’heure où la compétition internationale pour les matières premières s’intensifie, cette configuration territoriale représente un atout…
Des sanctions contestées mais structurantes Inscrit en 2017 sur la liste américaine des restrictions migratoires, le Congo-Brazzaville a vu sa visibilité internationale se heurter à un double mur administratif et symbolique. Le dispositif, hérité de l’administration Trump, n’a pas seulement limité la mobilité de certains officiels ; il a aussi refroidi des flux d’investissements qui, jusque-là, regardaient vers le golfe de Guinée avec un intérêt soutenu. À Brazzaville, cette mesure est perçue comme un paramètre exogène structurant, auquel il convient de répondre par des instruments multiformes plutôt que par la dénonciation publique. D’où une préférence assumée pour la négociation discrète,…
Alors que les restrictions imposées par Washington pèsent toujours sur les ressortissants congolais, le gouvernement de Denis Sassou Nguesso mène une offensive diplomatique discrète pour obtenir la levée du « Travel Ban », réactivé sous la présidence Trump. Au cœur des tractations : ressources stratégiques, équilibres régionaux… et désormais, atouts climatiques du bassin du Congo. Une diplomatie silencieuse, mais active Inscrit sur la liste américaine des pays soumis à des restrictions migratoires, le Congo-Brazzaville tente de rétablir des relations normales avec les États-Unis. Depuis plusieurs semaines, des négociations sont en cours à Washington, menées dans la plus grande discrétion par…
Aube d’une électrification revisitée L’annonce, le 15 juillet à Brazzaville, d’un package de 100 millions de dollars accordé par la Banque mondiale pour le Projet d’amélioration des services de l’électricité (Pasel) marque un tournant discret mais décisif dans la trajectoire énergétique congolaise. Moins de deux ans après l’adoption de la stratégie nationale d’accès à l’électricité, les autorités confirment ainsi leur volonté de faire de la fiabilité du courant un accélérateur de développement, condition sine qua non à l’industrialisation prônée par le Plan national de développement 2022-2026. Renforcement de l’axe Pointe-Noire–Brazzaville La première composante du Pasel cible la réhabilitation de la…
Une artère électrique remise sous tension Reliant sur plus de cinq cent trente kilomètres la plateforme industrielle de Djeno à Pointe-Noire et la capitale Brazzaville, la ligne haute tension 400 kV constitue depuis trois décennies la colonne vertébrale du réseau électrique congolais. Victime d’intempéries tropicales, de contraintes mécaniques et d’une densification rapide de la demande, l’infrastructure avait vu, ces dernières années, sa disponibilité tomber en dessous de soixante pour cent, obligeant la Société nationale d’électricité à recourir à des groupes thermiques d’appoint onéreux et polluants. L’annonce par Claudio Descalzi, directeur général d’Eni, du lancement effectif des travaux marque donc un…
Un nouveau souffle numérique pour Brazzaville Le 10 juillet, dans le calme feutré d’un bureau du ministère des Finances, l’ambassadrice de l’Union européenne, Anne Marchal, a déroulé un argumentaire volontariste devant Christian Yoka. La diplomate a confirmé la disponibilité de Bruxelles à appuyer la stratégie congolaise de transformation numérique, qu’elle considère comme un levier central de modernisation de l’État et de création d’emplois qualifiés. Cette proposition intervient alors que le gouvernement a fait de la connectivité à haut débit et de la dématérialisation des services administratifs deux priorités censées fortifier la compétitivité du tissu productif national. L’Europe mobilise ses guichets…
Une nouvelle donne financière à forte portée symbolique Au terme de la huitième réunion du Comité d’orientation et de suivi du Contrat de désendettement-développement, la France a confirmé l’allocation de 229 millions d’euros, soit 150,6 milliards de francs CFA, au bénéfice de quatorze initiatives majeures. Cette enveloppe, fruit de la conversion partielle de la dette publique congolaise, consacre une approche que les diplomates qualifient de « vertueuse » : transformer le passif financier en actifs de développement. Le dispositif, lancé au début des années 2010, privilégie la lisibilité budgétaire et ancre la coopération bilatérale dans un horizon de long terme,…
Pointe-Noire entre pluies diluviennes et vulnérabilité urbaine Lorsque les premières averses tropicales s’abattent sur la côte atlantique, les artères de Pointe-Noire se transforment en véritables confluents débordants. La métropole économique du Congo-Brazzaville vit depuis plusieurs années sous la menace d’inondations dont la fréquence et l’intensité exacerbent les fragilités socio-spatiales. Chefs de quartiers, opérateurs portuaires et institutions internationales s’accordent désormais sur un diagnostic partagé : la résilience hydrique de la ville conditionne sa compétitivité comme sa cohésion sociale. Un agenda gouvernemental recentré sur la résilience Les autorités nationales ont inscrit cette problématique au cœur de l’Agenda 2022-2026, articulant les volets assainissement,…