Auteur/autrice : Chantal Mbemba
Contexte climatique et alimentaire Sur les berges du fleuve Congo, les saisons ne se ressemblent plus. Pluies capricieuses, soudaines sécheresses et nouveaux ravageurs perturbent les calendriers culturaux et fragilisent les réserves alimentaires. Dans les villages, les anciens ajustent encore leurs semences, mais la marge d’erreur se réduit à vue d’œil. Pour répondre à cette urgence silencieuse, le Programme alimentaire mondial a commandité avec le ministère de l’Environnement une étude exhaustive sur 124 villages de la Bouenza, la Likouala et la Sangha. Objectif: cartographier risques, pratiques agricoles et marges d’adaptation afin d’orienter les financements internationaux. Méthodologie participative et cartographie des risques…
Vers un modèle national de PSE Le Congo-Brazzaville veut transformer la préservation de ses forêts en opportunité économique pour ses habitants. Le mécanisme de paiements pour services environnementaux, déjà testé dans plusieurs pays d’Afrique centrale, devient la pièce maîtresse d’une stratégie qui conjugue climat, revenus ruraux et planification publique. Pour être crédible, le gouvernement souhaite un outil de planification entièrement calé sur la réalité congolaise : cartographie des forêts, dynamiques agricoles, données socio-économiques et indicateurs carbone. Cette adaptation doit rendre chaque franc investi plus efficace et chaque hectare mieux protégé. Un atelier stratégique à Brazzaville Du 15 au 16 septembre…
Un joyau côtier sous observation Au nord-ouest de Pointe-Noire, le parc national de Conkouati-Douli épouse la côte Atlantique sur 8 000 kilomètres carrés de forêts humides, de lagunes et de mangroves. Gorilles, dauphins et éléphants s’y croisent encore dans une mosaïque rare. Créé en 1999 par décret présidentiel, l’aire protégée porte une double mission : conserver la biodiversité et soutenir le développement local durable, notamment par l’écotourisme et la pêche artisanale bien encadrée, et sert aussi de laboratoire vivant pour la recherche scientifique internationale. Un rapport qui alerte et questionne Début septembre 2025, le Centre d’actions pour le développement, appuyé…
Un sommet continental décisif Addis Abeba s’est réveillée sous le bourdonnement des délégations. Du huit au dix septembre, quarante-cinq chefs d’État et de gouvernement, ministres, bailleurs et ONG convergent vers la capitale éthiopienne pour le deuxième Sommet africain sur le climat. Placé sous le thème « Accélérer les solutions climatiques mondiales : financer le développement résilient et vert de l’Afrique », le rendez-vous veut transformer l’ambition collective en feuilles de route accessibles aux investisseurs publics et privés. Fitsum Assefa, ministre éthiopien de la Planification et du Développement, l’a rappelé à l’ouverture : « Notre succès se mesurera à la mobilisation…
Chaînes d’approvisionnement antipaludiques en Afrique Lusaka a accueilli du 25 au 27 août la 75e session du Comité régional de l’OMS-Afrique. Les ministres de la Santé, alarmés par la résilience du paludisme, ont réclamé des chaînes d’approvisionnement plus solides pour faire parvenir moustiquaires, traitements et vaccins jusqu’aux villages les plus isolés. Cette exigence logistique paraît technique, elle est pourtant politique : l’accès ininterrompu aux intrants sanitaires conditionne la crédibilité des plans nationaux de lutte, y compris celui du Congo-Brazzaville, qui ambitionne une réduction de 90 % des cas à l’horizon 2030, conformément à la cible continentale. Les travaux ont également…
Congo, charnière géographique entre savanes et océan Située à cheval sur l’Équateur, la République du Congo occupe une position charnière qui relie l’Atlantique aux entrailles forestières du continent. De la façade maritime du Kouilou, large d’une cinquantaine de kilomètres, émergent lagunes, mangroves et cordons dunaires avant que le relief ne s’élève doucement vers les plateaux centraux. Cette transition graduelle, couplée à une latitude quasi équidistante du nord et du sud, place le pays sous un régime climatique tropical humide marqué par deux saisons pluvieuses et deux saisons plus sèches. La circulation atmosphérique y est particulièrement influencée par la zone de…
Un cap climatique aligné sur l’Accord de Paris Depuis la publication de sa Contribution déterminée au niveau national révisée en 2021, la République du Congo s’est engagée à réduire de 35 % ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030, en prenant pour année de référence 2000. Lors du Sommet sur l’action climatique de Glasgow, le président Denis Sassou Nguesso a rappelé que « la crédibilité de nos engagements tient à la préservation des écosystèmes dont nous sommes dépositaires ». Cette approche s’inscrit dans la continuité des orientations du Plan national de développement 2022-2026, qui fait…
Contextualisation géo-environnementale Située de part et d’autre de l’équateur, la République du Congo s’étend du massif du Mayombé aux vallées marécageuses du Sangha, offrant une mosaïque de paysages tropicaux. Plus de soixante pour cent de sa superficie demeurent couverts de forêts denses, lesquelles s’inscrivent dans le deuxième massif forestier de la planète après l’Amazonie. Cette continuité boisée, ponctuée de plateaux latéritiques et de plaines inondables, confère au pays un rôle stratégique dans la régulation climatique régionale. L’hydrographie est dominée par le fleuve Congo et ses affluents, véritables artères écologiques fournissant services écosystémiques et transport fluvial. Le littoral de 160 kilomètres,…
Un carrefour géographique stratégique au cœur de l’Afrique centrale Situé de part et d’autre de l’Équateur, le Congo-Brazzaville constitue un trait d’union entre l’océan Atlantique et le vaste bassin du Congo, deuxième poumon forestier mondial après l’Amazonie. Avec une façade maritime d’à peine cent soixante kilomètres, le pays s’ouvre sur des corridors commerciaux majeurs tout en abritant, à l’intérieur, près de cent cinquante-cinq mille kilomètres carrés de plaines inondables. Cette articulation littoral-hinterland, encore peu densément peuplée hors des zones urbaines – plus de la moitié des citoyens résident à Brazzaville, Pointe-Noire ou Dolisie selon l’Institut national de la statistique –…
Cartographie stratégique d’un territoire charnière Avec 342 000 km² répartis de part et d’autre de l’Équateur, la République du Congo occupe un carrefour biogéographique qui prolonge le golfe de Guinée vers l’intérieur du continent. Cette position explique une forte diversité de biomes, depuis la plaine côtière faiblement élevée jusqu’aux contreforts du Mayombe, en traversant les vallées fertiles du Niari, les plateaux centraux et la vaste dépression de la Cuvette. Chaque compartiment géomorphologique impose des micro-climats particuliers qui conditionnent les dynamiques humaines et écologiques. De l’avis du géographe Jean-Baptiste Onanga, « la cartographie congolaise se lit comme un atlas miniature du…