Auteur/autrice : Bintou Mbuku
Brazzaville fait le point avant Belém Deux semaines après l’ouverture de la « Quinzaine du gouvernement », Brazzaville a placé l’environnement au cœur du débat public. En présence des médias nationaux, la ministre Arlette Soudan-Nonault a détaillé la feuille de route climatique du Congo en vue de la COP30. Dans la salle, chercheurs, ONG et jeunes entrepreneurs écologiques ont scruté les annonces, conscients que la prochaine conférence mondiale, prévue en novembre prochain à Belém, au Brésil, sera déterminante pour orienter les flux financiers vers les forêts du bassin. Cette séance, coanimée par le porte-parole Thierry Lézin Moungalla, a replacé l’action…
Une politique nationale d’assainissement validée Le 14 octobre 2025, à Brazzaville, un atelier conduit par le ministre Juste Désiré Mondelé a entériné la première politique nationale d’assainissement de la République du Congo. Autorités, partenaires internationaux et secteur privé y ont harmonisé leurs attentes autour d’un texte désormais référence. Pour le ministre, cette feuille de route s’inscrit dans la vision du président Denis Sassou Nguesso : faire de l’environnement propre un facteur de santé, de cohésion sociale et de création d’emplois. « Nous tenons une boussole qui guide notre marche vers les objectifs durables », a-t-il déclaré. Une stratégie d’assainissement pensée…
Brazzaville mobilisée pour la CDN 3.0 À l’ombre des manguiers du quartier Plateau, une trentaine d’associations environnementales se sont retrouvées le 24 octobre à Brazzaville pour affûter leur position sur la prochaine Contribution déterminée au niveau national, dite CDN 3.0. L’objectif : parler d’une seule voix pour peser dans le débat climatique. « Nous voulons que chaque mot de la nouvelle CDN reflète l’expérience du terrain », résume Nina Cynthia Kiyindou Yombo, directrice exécutive de l’Observatoire congolais des droits de l’homme. Pour elle, l’enjeu dépasse le texte : il s’agit d’aligner ambitions internationales et réalités des villages forestiers. Un processus participatif…
Or illégal : un fléau silencieux À l’aube, le vacarme des pompes et des pioches couvre le chant des calaos dans la Cuvette-Ouest. Derrière la brume, des équipes d’orpailleurs clandestins éventrent le sous-bois à la recherche d’or, effaçant à grande vitesse la canopée qui régule le climat régional. Les experts estiment qu’entre Kellé, Dimonika et Moungoundou-Nord plus de 1 500 hectares auraient basculé vers l’exploitation illégale depuis trois ans, soit l’équivalent de 2 100 terrains de football, un chiffre en hausse constante faute de contrôle suffisant sur le terrain. Le mercure, le cyanure et l’arsenic glissent ensuite dans la Louetsi,…
Enquête express à Dolisie Dans la salle du tribunal de grande instance de Dolisie, l’atmosphère reste suspendue à l’annonce attendue du 24 octobre 2025. Deux jeunes Congolais reconnaissent avoir transporté quatre pointes d’ivoire, l’équivalent de deux éléphants abattus, une espèce intégralement protégée. L’arrestation, le 4 octobre, est l’aboutissement d’une opération conjointe menée par la gendarmerie, la Direction départementale de l’économie forestière et le Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage, connu sous l’acronyme PALF. Loi congolaise, bouclier des éléphants L’article 27 de la loi sur la faune et les aires protégées interdit strictement l’importation, la détention…
Diplomatie climatique africaine à l’ONU À New York, lors de la 77ᵉ Assemblée générale, trois ministres des Affaires étrangères – Jean-Claude Gakosso pour le Congo, Lejeune Mbella Mbella pour le Cameroun et Mohamed Salem Ould Merzoug pour la Mauritanie – ont porté une même revendication : replacer l’Afrique au centre des décisions mondiales. Devant l’hémicycle, les délégations ont conjugué climat, sécurité alimentaire et gouvernance internationale, soulignant que ces dossiers sont désormais indissociables. Le mot d’ordre, martelé par M. Gakosso, résonne comme un leitmotiv continental : « l’Afrique doit effectivement prendre sa place dans le concert des nations ». Climat et…
Mayoko, nouveau front minier du Niari Enclavée entre les forêts denses du sud-Congo, la commune de Mayoko incarne l’élan minier national. Depuis dix ans, la ruée vers l’or attire investisseurs et travailleurs venus de tout horizon. La production officielle reste modeste, mais l’extraction artisanale explose sur plus de cinquante sites déclarés. Cette expansion crée des emplois et des revenus locaux, reconnaît le service départemental des mines. Toutefois, l’exploitation se heurte à la fragilité des écosystèmes et à la pression démographique. Le défi est de convertir ce potentiel en richesse durable pour la région. Forêt et faune sous tension écologique Les…
Face aux aléas climatiques, le Congo anticipe Le 13 octobre, les sirènes d’alerte n’ont pas retenti, pourtant la menace était bien présente: inondations, glissements de terrain, épidémies liées aux eaux stagnantes. À Brazzaville comme à Ouesso, la 36e Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes a poussé chacun à se projeter avant la crise. Pour la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, « l’heure est à l’investissement préventif ». Elle rappelle que chaque franc injecté avant une intempérie épargne des vies et jusqu’à dix francs de reconstruction, selon l’institut Swiss Re.…
Justice et faune : un signal fort Les 15 et 16 octobre, les prétoires d’Owando puis d’Impfondo deviennent la scène d’une bataille décisive pour la faune congolaise. Deux dossiers de trafic d’ivoire, de peaux de panthère et d’écailles de pangolin y sont appelés, sous le regard conjoint du ministère de la Justice, des Eaux et Forêts et des communautés qui vivent au contact direct des espèces menacées. Un butin parti d’Etoumbi Le premier prévenu, arrêté le 29 novembre 2024, aurait parcouru plus de 150 kilomètres entre la sous-préfecture d’Etoumbi et Owando pour dissimuler trois pointes d’ivoire, lourdes de la mort…
Trente-et-un nouveaux défenseurs de l’environnement Sous le ciel encore brumeux de Brazzaville, la cérémonie du 9 octobre a donné le ton : le Congo-Brazzaville se dote d’une première promotion de 31 inspecteurs verts, assermentés et dûment habilités à faire appliquer les textes sur la protection de la nature. En recevant leurs attestations, ces femmes et hommes ont levé la main droite et prononcé un engagement solennel. « Nous servirons avec rigueur et loyauté pour bâtir un avenir plus sain », a déclaré leur porte-parole Schiller Sen Mbedi Mouanda devant leurs familles venues partager l’instant. Une formation alignée sur la stratégie nationale…