Vœux au Palais des congrès: un message de cap
Le 7 janvier, au Palais des congrès, le président de la Cour constitutionnelle, Auguste Iloki, s’est exprimé lors de la cérémonie d’échange de vœux de Nouvel An au couple présidentiel. Il a porté la parole des corps constitués nationaux et des forces vives.
Dans une formulation mesurée, Auguste Iloki a relayé une attente jugée largement partagée: voir le gouvernement mettre en œuvre des projets structurants dans plusieurs domaines. Pour lui, ces chantiers doivent aider le pays à poursuivre sa trajectoire vers le développement.
Infrastructures routières: relier, désenclaver, dynamiser
Dans son propos, Auguste Iloki a salué les efforts du chef de l’État dans la construction d’infrastructures de base. Il a insisté sur le rôle concret des routes et des ouvrages d’art dans la vie quotidienne, l’économie locale et l’accès aux services.
Parmi les exemples cités figure la mise en service du tronçon Boundji‑Ewo. Il l’a présentée comme une amélioration appelée à compter “pour des décennies et des générations”, en évoquant la satisfaction des usagers et l’intérêt du désenclavement.
Il a également mentionné les travaux de construction du pont sur la Sangha, destiné à relier, à terme, Ouesso à Pokola. Dans son approche, ces infrastructures servent de colonne vertébrale au développement des territoires et des échanges.
Auguste Iloki a souligné que le maillage du pays en infrastructures, sans être achevé, est “perceptible” et “encourageant”. Il a résumé l’enjeu par une formule: “une économie sans route est vouée à l’asphyxie”, et une route sans économie reste “muette et stérile”.
Ressources naturelles et travail de la terre: une valeur à capter
Au-delà du béton et de l’asphalte, le discours a mis l’accent sur la valorisation des ressources naturelles, avec un focus particulier sur l’agriculture. Auguste Iloki a orienté son argumentaire vers le travail de la terre, vu comme un levier de transformation.
L’idée défendue est celle d’une économie qui relie production et débouchés. En filigrane, la route n’est pas seulement un symbole, mais un outil de circulation des intrants, des produits agricoles et des opportunités, au service des ménages et des entreprises.
Tout économique, tout social: une vision revendiquée
Sur le plan économique, les corps constitués et les forces vives ont réaffirmé leur soutien à la doctrine du “Tout économique en vue du tout social”. Ils la présentent comme une vision prospective, porteuse de bassins d’emplois, et jugent sa pertinence toujours actuelle.
Ils ont encouragé le président de la République à poursuivre cette démarche afin qu’à terme “le peuple soit fier” d’un modèle économique et social “à la congolaise”. Le message, tel que prononcé, s’inscrit dans un registre d’adhésion et de continuité.
Les intervenants se sont réjouis de l’expérience en cours des Zones agricoles protégées (ZAP) et des Zones économiques spéciales (ZES). Ils ont aussi mis en avant l’opérationnalisation annoncée de la Caisse d’assurance maladie universelle, destinée à garantir l’accès aux soins.
Souveraineté alimentaire: consolider les filières agricoles
Auguste Iloki a insisté sur la diversité des produits issus des terres congolaises. Il s’est dit convaincu que le pays se donne progressivement les moyens de viser l’autosuffisance alimentaire, tout en soulignant la disposition du “peuple travailleur du Congo” à relever ce défi.
Pour accélérer, il a plaidé pour la promotion de l’investissement privé et une intervention directe de l’État afin de propulser des filières agricoles clés. Il a également estimé que cette mise en valeur ne devrait pas se faire sans comptoirs d’achat.
Selon lui, l’expérience des ZAP doit être soutenue, consolidée et structurée pour créer de véritables chaînes de valeur, capables de rendre visible le potentiel agro‑pastoral. Il a évoqué des réalisations déjà accomplies, présentées comme inspirantes et duplicables.
Dans la même logique, il a cité l’intérêt de développer aussi des filières d’élevage, notamment caprine, ovine et porcine. L’objectif, tel qu’exprimé, est de transformer des potentialités en activités organisées, avec des débouchés et une capacité d’attraction pour les investisseurs.
Industries locales par département: emploi et territoires
Les corps constitués et les forces vives ont estimé que la vision présidentielle sur l’agriculture, l’élevage et la pêche permettra, à terme, de doter chaque département d’unités industrielles adaptées. L’enjeu évoqué est celui d’une transformation plus locale.
Ils ont associé cette perspective à l’emploi décentralisé, présenté comme un frein à l’exode rural et à l’urbanisation brutale des grandes villes. Le raisonnement repose sur une promesse territoriale: produire, transformer et employer au plus près des bassins de vie.
Climat et financement: le plaidoyer congolais mis en avant
Sur le climat, ils ont salué l’engagement de Denis Sassou N’Guesso pour la préservation de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques. Ils ont rappelé l’adoption par l’ONU d’une résolution sur la “Décennie mondiale de l’afforestation et du reboisement”.
Face à des engagements financiers jugés encore insuffisants chez des partenaires internationaux, ils ont exprimé l’espoir de voir aboutir le plaidoyer présidentiel pour un nouvel objectif collectif de financement climatique, tenant compte des besoins spécifiques des pays en développement.
Cohésion nationale et action sociale: stabilité et appuis
Les intervenants ont rendu hommage au chef de l’État pour son ingéniosité à maintenir la paix et à assurer le fonctionnement régulier des institutions, ainsi que la stabilité et la cohésion nationales. Le ton est resté institutionnel, centré sur la continuité de l’action publique.
Ils ont également salué les actions d’Antoinette Sassou N’Guesso à travers la Fondation Congo Assistance, en faveur des personnes vulnérables. Les domaines cités sont la santé, la petite enfance, l’éducation et l’autonomisation des femmes.
Au final, l’échange de vœux a fait émerger une demande claire: transformer les annonces et les chantiers en résultats visibles, au rythme des territoires. Les corps constitués ont choisi de l’exprimer en appui aux orientations en cours, en misant sur l’impact social des projets.
