Matériel neuf pour une voirie durable à Pointe-Noire
Le 17 décembre, devant l’esplanade de l’hôtel de ville, le ministre de l’Assainissement urbain, Juste Désiré Mondélé, a remis les clés d’une flotte d’engins flambant neufs au préfet Pierre Cébert Iboko-Onanga. Compacteurs, finisseurs et camions-balayeuses composent ce premier lot stratégique.
Au nom du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le ministre a martelé qu’« aucun de ces équipements ne doit dormir au garage ni être loué à des tierces parties ». L’objectif est clair : accélérer les travaux de réfection et garantir une chaussée sans ornière dans les quartiers populaires comme dans les avenues portuaires.
Chaque engin est doté d’un carnet d’entretien numérisé. Les responsables municipaux devront renseigner carburant, temps de service et localisation afin de prévenir les pannes. Cette approche, inspirée des grandes plateformes logistiques, veut réduire les coûts de maintenance et prolonger la durée de vie du parc.
Une démarche gouvernementale au service des citoyens
L’initiative s’inscrit dans la vision énoncée par le président Denis Sassou Nguesso lors de son adresse du 28 novembre : redonner à la capitale économique son surnom historique, « Pointe-Noire-la-Belle ». Le gouvernement rappelle que l’assainissement couvre aussi la qualité visuelle des rues et le confort quotidien.
Moins de nids-de-poule signifie moins de poussière en saison sèche et moins de flaques stagnantes en saison pluvieuse, deux facteurs qui aggravent respectivement les maladies respiratoires et les gîtes larvaires. La santé publique devient ainsi un indicateur central de la politique de la voirie.
Pointe-Noire, pivot logistique de la côte ouest
Ville-port, Pointe-Noire connecte déjà le Congo à la sous-région. Le ministre a rappelé le rôle attendu du port en eau profonde comme hub d’entrée vers le Cameroun, l’Angola et le Gabon. Sans artères asphaltées et correctement drainées, cette ambition logistique resterait théorique.
Les engins remis doivent aussi intervenir sur les axes menant à Mindouli, Hinda et Madingo-Kayes, points nodaux des corridors routiers. En renforçant ces liaisons, le pays œuvre à la fluidité des échanges, à la compétitivité des exportations et à l’attractivité d’investissements industriels à faible empreinte carbone.
Responsabilité partagée et gouvernance locale
Juste Désiré Mondélé a exhorté les services techniques municipaux à planifier des fermetures temporaires de voies, hors des heures de pointe, pour intervenir efficacement. La coordination avec la police de circulation et les comités de quartier doit éviter les embouteillages et protéger les ouvriers.
L’association « Jeunesse volontaire pour la propreté », active dans le 3ᵉ arrondissement, participera à la sensibilisation. Ses membres iront de porte à porte expliquer pourquoi un camion-tasseur ne fait pas que ramasser les déchets : il prolonge l’espérance de vie du revêtement en éliminant les débris abrasifs.
Le préfet a promis la publication mensuelle d’un tableau de bord affiché devant l’hôtel de ville. Y figureront la longueur de route traitée, la quantité d’enrobé posée et le taux de satisfaction des riverains recueilli via un numéro vert gratuit.
Coopération nippo-congolaise et transfert de savoir-faire
Le don d’équipements découle d’un accord signé à Brazzaville en 2022 entre Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale, et l’ambassadeur du Japon. L’esprit TICAD place la résilience urbaine au cœur du partenariat Afrique-Japon.
Des ingénieurs de l’Agence japonaise de coopération internationale assurent depuis octobre une session pratique sur le finisseur d’enrobé. « Nous voulons former des formateurs pour garantir l’autonomie technique locale », souligne l’expert japonais Ryosuke Tanaka, ravi de travailler avec de jeunes mécaniciens congolais.
Financements verts et optimisation budgétaire
Le ministère évalue la possibilité de labelliser certains tronçons rénovés au titre de la réduction des émissions de CO₂, grâce à une circulation plus fluide et une moindre consommation de carburant. Les certificats carbone générés pourraient, à terme, soutenir un emprunt obligataire vert.
D’ici là, la mutualisation avec les projets de voirie de la Zone économique spéciale de Maloukou devrait économiser près de 15 % sur les achats de bitume. Chaque économie dégagée sera réinjectée dans la pose de candélabres solaires, autre priorité de la feuille de route 2024-2026.
Voix des habitants et retour du terrain
Sur l’avenue Marien Ngouabi, Étienne, taxi-matricule PN-7436-B, confie : « Je changeais mes amortisseurs tous les six mois. Si la route s’améliore, je pourrai payer la scolarité de ma fille plutôt qu’un autre garagiste. » Son témoignage illustre le gain direct pour les micro-entrepreneurs.
À Mpaka, Gisèle, 25 ans, vient de lancer une petite entreprise de fourniture de granulats. « L’arrivée des engins accroît la demande en agrégats calibrés. Je facture localement, c’est moins d’empreinte carbone et plus de revenus pour nous », explique-t-elle, sourire aux lèvres.
Prochains défis et suivi par les données
Le ministère prévoit d’intégrer prochainement les données GPS des engins à la plateforme nationale de suivi des infrastructures. Complétée par des images satellite à haute résolution, elle signalera automatiquement les zones de dégradation pour un traitement préventif.
À moyen terme, l’objectif est de publier ces informations en open-data. Les startups et universités locales pourront ainsi développer des applications de navigation indiquant en temps réel l’état des chaussées, renforçant la transparence et la participation citoyenne autour du projet « Pointe-Noire-la-Belle ».
