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    Biovev 2030 : l’atelier-clé qui change la donne

    De Louisa Tshibanda1 octobre 20255 Mins de Lecture
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    Biovev 2030 : un second souffle financier

    Le projet Biovev 2030 entre dans sa phase deux avec une ambition claire : faire converger protection de la biodiversité et prospérité locale. Dans une salle comble à Brazzaville, responsables publics, bailleurs et représentants communautaires ont planché sur des notes conceptuelles susceptibles d’attirer des capitaux nouveaux.

    Atelier national à Brazzaville : objectifs et méthode

    Ouvert le 30 septembre par la ministre Arlette Soudan-Nonault, l’atelier vise à valider formellement les documents issus des dialogues territoriaux. Chaque fiche-projet est passée en revue par un panel d’experts pour tester sa faisabilité technique, son ancrage local et son adéquation aux priorités nationales de conservation.

    Une coopération renforcée avec les bailleurs

    L’Agence française de développement, Expertise France et WWF-France accompagnent le processus. Leurs critères portent sur la viabilité économique, l’impact mesurable sur les écosystèmes et la gouvernance inclusive. « Nous souhaitons des dossiers solides, prêts à être financés dès 2024 », indique Laure Bodin, cheffe de projet à l’AFD.

    Paiements pour services environnementaux : mode d’emploi local

    Le PSE repose sur un principe simple : rémunérer ceux qui gèrent durablement la forêt, les sols ou les cours d’eau. Au Congo, planter des arbres autour des sources, maintenir des jachères arborées ou adopter l’agroforesterie cacao deviennent des gestes rémunérateurs, évalués en tonnes de carbone évitées ou en hectares restaurés.

    Certificats biodiversité : une valeur ajoutée marchande

    En complément, les certificats biodiversité offrent un droit de vantardise écologique aux entreprises internationales cherchant à compenser leur empreinte. Chaque certificat représente des habitats préservés, des corridors reconnectés ou des espèces clés protégées. Le dispositif intéresse déjà deux sociétés forestières locales en quête d’image verte.

    Voix des communautés riveraines

    Présent à l’atelier, Christophe Mavoungou, apiculteur d’Impfondo, insiste : « Nous voulons des projets qui garantissent un revenu stable sans nous déposséder de nos terres. » Les modérateurs intègrent ces attentes via des contrats tripartites où collectivités, État et investisseurs partagent responsabilités et bénéfices.

    ONG et secteur privé : synergie recherchée

    Pour Zelo Carine Abibi, directrice de WWF Congo, ce rendez-vous « transforme des idées en projets concrets ». Les ONG offrent l’expertise terrain, tandis que les entreprises télécoms, banques et exploitants agricoles apportent capitaux et réseaux logistiques. Une plateforme numérique de suivi des engagements sera testée dans le district de Sibiti.

    Alignement sur les priorités nationales

    Le ministère rappelle que la Stratégie nationale sur la biodiversité 2023-2030 mise sur l’économie verte inclusive. Les notes conceptuelles doivent donc générer des emplois ruraux, réduire la pression sur le couvert forestier et améliorer la résilience climatique des territoires, notamment face aux crues du fleuve Congo.

    Des chiffres qui parlent

    Selon les projections présentées, huit programmes PSE pourraient mobiliser 12 millions d’euros sur trois ans et générer 4 000 hectares de plantations agroforestières. Côté certificats, 1 000 unités seraient émises annuellement, chacune valorisée à 25 euros, créant un levier de financement autonome de la conservation.

    Garanties de transparence et traçabilité

    Les fiches validées incluent un protocole MRV — Mesure, Rapportage et Vérification — basé sur la télédétection et les audits communautaires. Les transactions financières passeront par un fonds fiduciaire public-privé, contrôlé par un comité où siègent Trésor, société civile et partenaires techniques.

    Capacités locales à renforcer

    L’atelier a souligné le besoin de former 200 techniciens sur la cartographie participative, la comptabilité carbone et la gestion des données. Un budget de 600 000 euros est réservé à ces formations, avec un appui du Centre régional Agrhymet.

    Enjeux juridiques et incitatifs fiscaux

    Le ministère prépare un décret facilitant l’enregistrement des contrats PSE et exonérant de TVA les revenus issus des certificats biodiversité. Les investisseurs verront ainsi baisser leurs coûts d’entrée, tandis que l’État sécurise le cadre juridique, gage de confiance pour les marchés internationaux.

    Calendrier des prochaines étapes

    D’ici novembre, les porteurs intégreront les ajustements recommandés. La soumission finale aux bailleurs est prévue en décembre. Les premiers décaissements pourraient intervenir au premier trimestre 2024, ouvrant la voie à des chantiers pilotes à Loudima, Mossaka et Ouesso.

    Indicateurs de succès attendus

    Au-delà du volume financier, l’impact sera mesuré en ménages bénéficiaires, hectares restaurés, espèces ciblées et émissions évitées. Un tableau de bord public actualisé trimestriellement permettra à tout citoyen de suivre l’avancement et de proposer des corrections.

    Regard des experts congolais

    L’économiste forestier René Nkouka note que « la monétisation du service écosystémique ancre l’économie dans le réel ». Pour lui, la clé réside dans l’équité de la répartition des paiements : 60 % aux communautés, 30 % aux operations, 10 % aux frais de gestion.

    Responsabilité sociétale élargie

    Par la validation des notes, le secteur privé congolais s’inscrit dans une dynamique ESG. Banque Postale du Congo annonce déjà un produit d’épargne verte indexé sur les certificats. Les PME de transformation du bois y voient une chance de certifier leurs chaînes d’approvisionnement.

    Un cadre politique propice

    La ministre rappelle que la vision portée par le président Denis Sassou Nguesso sur l’économie bleue-verte offre « un environnement stable et incitatif pour les investisseurs désireux de bâtir une prospérité durable dans le bassin du Congo ». Les partenaires saluent cette continuité stratégique.

    Encadré pratique : contacts utiles

    Les porteurs de projet peuvent adresser leurs dossiers au Secrétariat Biovev, sis au ministère de l’Environnement, Boulevard Denis Sassou Nguesso, Brazzaville. Ligne verte : 1015. Les communautés peuvent se rapprocher des Directions départementales ou des antennes WWF pour un accompagnement gratuit au montage.

    Cap sur 2030

    En consolidant les notes conceptuelles, le Congo se dote d’une boussole claire pour valoriser ses richesses naturelles. La phase deux de Biovev 2030 pourrait ainsi devenir un laboratoire régional, démontrant qu’économie et écologie peuvent s’embrasser pour le meilleur des territoires.

    Arlette Soudan-Nonault biodiversité Biovev 2030 Paiements pour services environnementaux WWF
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