Pointe-Noire : un spectacle pour la nature à Ngoyo
Le 3 janvier, les enfants du quartier Côte Mateve, dans le 6e arrondissement Ngoyo à Pointe-Noire, ont présenté un spectacle au Centre de ressources du conte et des arts de l’oralité. Conte, danse, chant et musique ont été réunis dans une même création.
Le spectacle s’inspire du conte « Mukukulu », écrit par Jorus Mabiala. La représentation a été accompagnée d’une exposition sur la biodiversité et les déchets, intitulée « Un simple geste suffit », qui a attiré l’attention du public venu découvrir les productions des enfants.
Ateliers vacances artistiques : 13 jours de création
L’initiative, appelée Projet village ateliers vacances artistiques, s’est tenue du 20 décembre au 3 janvier, pendant les vacances de Noël. Elle a rassemblé une quarantaine d’enfants âgés de 5 à 15 ans au Centre de ressources du conte et des arts de l’oralité.
L’activité a été rendue possible grâce à l’Ong Renatura, avec le soutien de Tank Services. Les organisateurs ont misé sur un format intensif et participatif, afin de garder les enfants mobilisés du début à la fin du parcours.
Cinq pôles pour apprendre : musique, conte, danse, dessin
Le “village artistique” a été construit autour de cinq pôles. Les enfants ont circulé entre l’atelier musique et chants, l’atelier conte, l’atelier danse traditionnelle, l’atelier danse urbaine, et l’atelier dessin sur la biodiversité, incluant des réalisations en pâte à modeler.
Cette organisation a permis à chacun de trouver sa place, selon ses envies et ses aptitudes. Elle a aussi favorisé le travail collectif, en reliant les disciplines artistiques à un fil conducteur commun : raconter, représenter et protéger la nature.
Conte « Mukukulu » : le Bassin du Congo mis en scène
Au cœur du projet, une ambition : produire une œuvre collective de qualité sur le respect de l’environnement, tout en promouvant la paix et le vivre-ensemble entre enfants. Le spectacle tiré de « Mukukulu » a été mis en scène par Gilbert Mabiala.
Le conte théâtralisé s’articule autour de trois animaux du Bassin du Congo. Sur scène, les enfants ont enchaîné séquences de danse, moments musicaux et percussions, dans une interprétation conçue à partir de ce qu’ils ont appris pendant les ateliers.
« Un simple geste suffit » : déchets et biodiversité expliqués
En parallèle, l’exposition « Un simple geste suffit » a proposé une entrée très concrète sur des questions que les enfants doivent s’approprier tôt : qu’est-ce que la biodiversité, pourquoi les déchets plastiques posent problème, et pourquoi il faut respecter la nature.
Chaque enfant a produit un dessin et une œuvre d’art selon son inspiration et son talent. Les résultats, jugés “épatants” par les visiteurs, ont donné à voir une compréhension progressive de l’environnement, traduite en images et en objets.
Chants, langues locales et danses : transmission en action
Tout au long des ateliers, les enfants ont découvert des chants traditionnels associés au conte, dans différentes langues locales. Cette dimension a donné au projet une portée culturelle forte, en reliant l’éducation environnementale à la richesse des patrimoines oraux.
Des encadreurs ont repéré des aptitudes en chant et en musique urbaine, notamment le rap. La danse traditionnelle a aussi été un terrain d’expression, grâce à l’apprentissage de rythmes et de mouvements issus des ballets de la tradition du Congo.
Instruments et chorégraphies : deux semaines à plein rythme
Les enfants ont alterné jeux, découvertes et apprentissage des chorégraphies. Les ateliers ont intégré des moments centrés sur les percussions et des instruments, avec des séances de djembés, de gonfis, ainsi que l’usage de maracas, pour enrichir la création scénique.
Le Ngwakatour, accompagné par un batteur, a compté parmi les éléments travaillés. Pour plusieurs familles, le rythme soutenu de l’activité a été une manière d’occuper les vacances en conjuguant plaisir, discipline artistique et apprentissages utiles.
Recycler pour créer : sensibilisation par les gestes utiles
Les ateliers ont aussi servi de cadre de sensibilisation à des gestes “utiles et judicieux” pour la survie de l’humanité. Les enfants ont été encouragés à transformer des objets d’usage courant ou de récupération en productions artistiques.
Papier, verre, compost, objets plastiques, cannettes ou piles, souvent visibles dans l’environnement, sont devenus des supports de création. L’approche pédagogique mise sur l’exemple : montrer qu’un déchet peut changer de statut, selon l’usage qu’on en fait.
Centre du conte à Pointe-Noire : former et faire vivre l’oralité
La plupart des encadreurs ont été formés au Centre de ressources du conte et des arts de l’oralité. En transmettant leurs pratiques et leurs expériences, ils ont ancré les apprentissages dans une continuité, au-delà du seul événement organisé pendant les vacances.
À travers cette initiative, le Centre souhaite sensibiliser les enfants et les habitants du quartier à la perpétuation des contes et des arts traditionnels de l’oralité, présentés comme étant en perte de vitesse. L’enjeu est culturel, éducatif et social.
Un lieu culturel ouvert : scène, galerie, bibliothèque
Le Centre de ressources du conte et des arts de l’oralité se présente comme un lieu où la culture se vit au présent. Il dispose notamment d’une scène extérieure, d’une galerie de photographie contemporaine et d’une bibliothèque, qui soutiennent la diffusion et l’apprentissage.
Production et programmation d’œuvres, formation, spectacles, résidences, festivals, expositions, colloques, conférences ou ateliers font partie de ses activités. Des partenariats avec associations, ONG et acteurs privés permettent de valoriser la tradition et le patrimoine national.
Encadré pratique : comment s’informer et participer
Pour participer à de futurs ateliers ou proposer un appui, les habitants peuvent se rapprocher du Centre de ressources du conte et des arts de l’oralité à Pointe-Noire, ainsi que de l’Ong Renatura. Les modalités d’inscription et le calendrier varient selon les sessions.
Les familles peuvent aussi demander les conditions d’accueil par tranche d’âge, la nature des ateliers proposés, et les besoins en matériels. Les organisateurs rappellent que l’objectif est autant artistique que citoyen : apprendre en créant, et créer en respectant la nature.
