Sécurisation de la présidentielle 2026
À Brazzaville, la nuit du 31 décembre a pris des airs de briefing stratégique, lorsque le général Guy Blanchard Okoï a présenté la feuille de route 2026 des Forces armées congolaises, sous l’œil attentif des autorités civiles.
Premier impératif : sécuriser la présidentielle de mars prochain, un scrutin clé pour le pays et miroir de sa stabilité régionale.
Selon le chef d’état-major, la conférence initiale de planification a déjà arrimé responsables électoraux, logisticiens militaires et partenaires internationaux afin de garantir des opérations transparentes, un maillage territorial fin et une communication rapide des incidents éventuels.
Des cartes interactives issues du satellite Sentinel et du drone national Mosso permettent déjà de survoler virtuellement chaque bureau de vote, d’anticiper les zones d’accès difficile et de pré-positionner des patrouilles mixtes armée-police.
Une hotline électorale dédiée, accessible via WhatsApp, permettra aux citoyens de signaler anomalies, violences ou difficultés d’accès et d’obtenir un retour dans l’heure par les cellules de crise.
Recrutement et formation, un vivier jeunesse
Au-delà du rendez-vous électoral, l’armée mise sur la jeunesse pour se renforcer et créer des débouchés professionnels durables.
Le contingent 2023, structuré en trois vagues, s’est vu dispenser formation commune, spécialisation par arme puis affectation progressive dans les corps de troupe.
Cette montée en puissance s’accompagne d’investissements dans le génie travaux et l’acquisition d’équipements, gages d’efficacité mais aussi d’employabilité locale lorsque les unités interviennent sur des chantiers publics.
Le ministère de la Jeunesse collabore avec la Défense pour adosser des modules de codage, d’agroforesterie et d’efficacité énergétique aux programmes militaires, afin de préparer les recrues à un retour productif dans leurs localités après le service.
Femmes en uniforme, moteur d’égalité
Parallèlement, 2025 a célébré un demi-siècle de présence féminine sous les drapeaux, rappelant que la défense nationale se conjugue désormais au féminin pluriel.
« Les femmes en uniforme œuvrent sans relâche au service de la nation », a souligné le général Okoï, saluant leur rôle croissant dans les unités opérationnelles, la santé, la logistique et la formation des plus jeunes.
La capitaine-médecin Aïda Nkouka se réjouit de la dynamique : « Nous inspirons les lycéennes à embrasser les sciences et la discipline militaire ; c’est aussi un levier d’autonomisation économique dans des zones rurales où les opportunités restent rares ».
Frontières intelligentes et lutte anti-trafic
Sur le front des frontières, la police et la gendarmerie ont déployé des postes interconnectés qui permettent un passage automatisé des données, limitant les fraudes documentaires et facilitant la saisie préalable de marchandises suspectes.
En 2025, plusieurs tonnes de produits illicites, allant des stupéfiants aux bois protégés, ont été détruites, signe d’une coopération serrée avec les services des douanes et les ONG spécialisées.
Grâce à un logiciel développé à l’École polytechnique de Pointe-Noire, les images vidéo des postes mixtes sont croisées avec les listes d’Interpol pour déclencher quasi instantanément une alerte vers les brigades mobiles.
Une académie verte pour l’Afrique
La dimension verte de la sécurité nationale a pris corps avec le lancement, le 3 novembre à Oyo, de l’Académie internationale de lutte contre la criminalité environnementale.
Porté par la vision du président Denis Sassou Nguesso, ce centre de formation entend mutualiser les expertises africaines pour prévenir, poursuivre et réprimer les atteintes à la faune, à la flore et au climat.
« Nous disposerons enfin d’un outil scientifique pour calibrer les enquêtes, analyser l’ADN du bois ou du pangolin, et appuyer les magistrats », anticipe un officier du corps forestier impliqué dans le projet.
Selon le ministère de l’Économie forestière, l’Académie aura aussi vocation à héberger un laboratoire carbone chargé de certifier, pour les projets REDD+, les stocks de la biomasse du bassin du Congo.
Appui aux villes et lien armée-nation
Au quotidien, la Force publique participe aussi à la propreté des capitales, déployant bulldozers et sapeurs pour enlever les dépotoirs sauvages qui obstruent caniveaux et axes secondaires.
Ces chantiers d’assainissement articulent santé publique, résilience urbaine et insertion sociale des jeunes recrues formées aux métiers des travaux publics.
La même logique prévaut pour l’eau : des détachements installent des mini-stations de potabilisation temporaires, alimentées en solaire, lors des fêtes populaires ou des inondations périodiques du fleuve.
En clôture du Réveillon d’armes, le général Okoï a réaffirmé « loyauté aux institutions et protection de chaque citoyen », rappelant que l’élection, la lutte environnementale et le mieux-vivre urbain partagent le même socle : une sécurité inclusive.
Coopération régionale et innovation sécuritaire
Le Congo partage désormais ses retours d’expérience, du Tchad au Gabon, sous forme d’ateliers financés par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale.
En 2026, un exercice conjoint baptisé Mboka-Green testera l’interopérabilité des forces face à un scénario mêlant cyberattaque sur le système électoral, débordement fluvial et trafic d’ivoire.
Les partenaires techniques européens fourniront des drones à longue endurance, tandis que les ingénieurs congolais développeront les algorithmes de détection de feux de brousse intégrés à ces plateformes.
