Une avenue historique retrouve des couleurs
Au cœur de Poto-Poto, l’avenue Lyautey, longue de 750 m, redevient praticable après plusieurs années de nids-de-poule et d’érosion. Six mois d’intervention ont suffi pour transformer ce tronçon stratégique reliant l’ancienne radio nationale aux rails et à la station de la Foy.
Les nouveaux pavés et caniveaux évacuent désormais les fortes pluies qui dégradaient la chaussée. Cette cure de jouvence s’inscrit dans un programme plus large d’embellissement du siège de la Direction générale des finances et de l’équipement, lové à quelques mètres.
Un chantier guidé par les données
Les ingénieurs se sont appuyés sur des cartes d’aléa hydrologique pour dimensionner les canalisations et éviter tout débordement lors des pluies intenses. Les dalles interconnectées possèdent des joints souples qui limitent les fissures liées aux variations thermiques fréquentes dans la capitale.
Deux bouches d’incendie pressurisées à 1 bar complètent le dispositif. Elles permettent de remplir en cinq minutes un camion-citerne de 5 000 l des sapeurs-pompiers, une première dans la ville, selon Boris Myeré Onka, directeur du BCBPT, venu vérifier la conformité des équipements.
La population témoigne
Adossé à son taxi fraîchement lavé, Florent Ngoma savoure le bitume uniforme : « Je parcours moins de temps et j’économise du carburant, mes amortisseurs me disent merci », sourit-il.
Même soulagement pour Marcelle, vendeuse de légumes au marché Total : « Les flaques d’eau ont disparu, mes clientes ne sautent plus les trous. C’est bon pour le commerce et pour nos chaussures ».
Ces retours confirment les observations des urbanistes : une voie sûre encourage les déplacements, réduit les coûts logistiques et renforce le lien social autour des artères commerçantes.
Un gain pour la sécurité et le climat urbain
Le nouveau drainage limite la stagnation des eaux, foyer de moustiques vecteurs de paludisme. En saison humide, les riverains constatent déjà un reflux des odeurs et des déchets flottants.
Les hydrants du projet abaissent le temps d’intervention en cas d’incendie, comme l’explique un officier de la Sécurité civile : « Nous branchons l’engin directement, sans dérouler 300 m de tuyaux ».
Moins de congestion signifie aussi moins de gaz d’échappement. Une campagne de mesure menée par des étudiants de Marien-Ngouabi fait état d’une baisse sensible du dioxyde d’azote aux heures de pointe, signe d’un air plus respirable.
Coordination institutionnelle exemplaire
Le chantier illustre la synergie entre la DGFE, sous la houlette du Commissaire Colonel-major Michel Innocent Peya, et le ministère de l’Intérieur dirigé par Raymond Zéphirin Mboulou. Les équipes municipales, les services de voirie et la Sécurité civile ont été mobilisés à chaque étape.
Cette mobilisation répond à la vision du président Denis Sassou Nguesso : moderniser les infrastructures et rapprocher les services publics des citoyens. L’avenue Lyautey devient ainsi vitrine d’une gouvernance de proximité appuyée sur des résultats tangibles.
Au-delà de Poto-Poto, une stratégie territoriale
La DGFE avait déjà conduit des actions de salubrité à Pointe-Noire, Dolisie et sur l’avenue Bayardelle. Les leçons tirées ont servi de référence pour le choix des matériaux et l’organisation du chantier brasavillois.
Les techniciens évoquent une feuille de route visant à réhabiliter progressivement des axes secondaires, souvent négligés, pour soulager les grands boulevards saturés.
L’effet d’entraînement est perceptible : commerçants repeignent leurs devantures, riverains plantent des arbustes, et les jeunes du quartier ont créé un comité de veille pour signaler le moindre dépôt sauvage.
Quels enseignements pour d’autres quartiers
Le coût d’entretien annuel d’une voie pavée reste inférieur à celui d’un enrobé traditionnel. Les autorités envisagent donc de généraliser la solution dans les zones à forte pluviométrie pour optimiser les budgets communaux.
Parallèlement, les données collectées sur Lyautey alimentent un tableau de bord numérique qui priorise les interventions selon le niveau de risque érosion-population. Cette approche factuelle, saluée par les ONG locales, pourrait devenir un standard national de planification urbaine.
Cap sur une ville plus résiliente
En redonnant vie à l’avenue Lyautey, Brazzaville démontre qu’une rénovation ciblée peut améliorer à la fois mobilité, santé et sécurité tout en renforçant la confiance citoyenne. Le succès repose sur l’écoute des usagers et l’intégration des données climatiques.
Les automobilistes, piétons et commerçants en profitent déjà. À la tombée de la nuit, les réverbères LED se reflètent sur les pavés, rappelant qu’une ville résiliente commence souvent par un premier mètre carré bien entretenu.
