Un geste symbolique sur la côte
Sur la côte de Pointe-Noire, la mer charrie désormais un nouvel espoir vert. Le 6 novembre 2025, TotalEnergies EP Congo a offert près de trois cents jeunes arbres à la mairie, marquant d’une pelle la 39ᵉ Journée nationale de l’arbre.
Dans une ville où l’urbanisation avance aussi vite que les houles, la symbolique n’a pas échappé aux autorités préfectorales, municipales et militaires venues planter les premiers semis sur la côte sauvage, un site devenu laboratoire vivant de résilience littorale.
Pour Éric Delattre, directeur général de la filiale, « chaque arbre planté rapproche le Congo de son ambition carbone zéro en 2050 ». Ses mots rejoignent ceux du préfet Pierre Cébert Iboko Onanga, qui a salué une action alignée sur les priorités nationales.
Une tradition enracinée
Instituée par la loi 062/84, la Journée nationale de l’arbre rappelle chaque 6 novembre que la forêt reste un bouclier face au changement climatique. Trente-neuf ans plus tard, la mobilisation se densifie, portée par la Décennie des Nations unies pour l’Afforestation et le Reboisement.
À Pointe-Noire, deux sites pilotes ont été retenus : la plage de la côte sauvage, qui recevra 174 plants espérés coupe-vents naturels, et le collège Ngoyo A, où un demi-hectare servira de salle de classe vivante pour 50 arbres supplémentaires.
La préfecture a choisi des espèces adaptées : cinquante cocotiers tolérants aux embruns, autant de palmiers de la famille des Arécacées, et 174 Terminalia mantaly, arbre tropical capable de fixer le carbone tout en offrant un ombrage bienvenu sous climat côtier.
Des salariés ambassadeurs
Au-delà du geste public, TotalEnergies a misé sur l’exemple individuel. Sous le slogan « un collaborateur, un arbre », 1 700 jeunes plants fruitiers et maraîchers achetés à la Société nationale de Reboisement ont été distribués sur les bases industrielles de la compagnie.
« Semer chez soi, c’est protéger chez tous », a rappelé Irène Kimpo, chef de division HSSE, invitant chaque agent à documenter la croissance de son plant via l’intranet maison. Le suivi visuel doit nourrir un tableau de bord carbone bientôt rendu public.
L’initiative a trouvé écho chez Pierre, technicien maintenance : « Planter un manguier pour mes enfants me rappelle que la transition commence à la maison ». Comme lui, de nombreux collègues ont prévu de mettre les semis en terre dès la première pluie.
Des bénéfices tangibles attendus
Selon le directeur départemental de l’Économie forestière, Paul Galoy, chaque Terminalia pourrait séquestrer jusqu’à 22 kg de CO₂ par an. Multipliés par les 300 plants municipaux, le gain potentiel frôle 6,6 t annuelles, équivalent à 40 000 km parcourus en voiture.
À l’échelle scolaire, le bosquet de Ngoyo A fournira un espace d’apprentissage pratique pour 900 élèves. Les cours de sciences se feront désormais à l’ombre, offrant un lien concret entre photosynthèse et lutte contre l’érosion observée autour du terrain de sport.
Sur la côte sauvage, les cocotiers joueront le rôle de barrière douce contre les intrusions salines dans les jardins riverains. Le service municipal de l’environnement prévoit des rondes mensuelles pour remplacer tout plant mort dans les six premiers mois.
Des partenariats à consolider
La mairie envisage d’élargir le programme aux quartiers périphériques, en s’appuyant sur la SNR pour l’expertise technique et sur d’autres acteurs industriels installés dans la zone économique spéciale. Des discussions avancées portent déjà sur une dotation de 2 000 plants supplémentaires dès 2026.
Le Centre de recherche forestière de Brazzaville a, pour sa part, proposé de superviser un protocole scientifique. L’objectif est de mesurer la croissance des troncs, la biodiversité associée et les effets microclimatiques, puis de publier tous les deux ans un bilan destiné aux décideurs.
Une dynamique nationale
Partout au Congo, la 39ᵉ édition a vu des entreprises, des écoles et des associations planter simultanément. À Brazzaville, le ministère de l’Environnement a annoncé 1 million de semis pour 2025, illustrant la convergence entre l’engagement public et celui du secteur privé dans le pays.
Le geste de TotalEnergies s’inscrit ainsi dans la feuille de route nationale, portée par le président Denis Sassou Nguesso pour renforcer le rôle du Congo en tant que « poumon vert » d’Afrique. Si l’arbre reste un symbole, il devient ici outil mesurable de développement durable pour toutes les générations.
Rendez-vous est pris dans cinq ans : les cocotiers dépasseront alors trois mètres et la bande côtière devrait regagner de la consistance. D’ici là, chaque habitant pourra suivre la progression en ligne, preuve qu’une graine, une bêche et une volonté changent tout dans la cité portuaire.
Agir à son échelle
Le service environnement municipal met à disposition un numéro vert pour guider toute personne souhaitant reproduire l’expérience dans sa parcelle. Le terreau conseillé est composé de sable, de latérite et de compost local.
Des cartes interactives géoréférencient désormais les espaces libres éligibles au reboisement communal. Chacun peut y réserver un trou de plantation et recevoir, le jour J, un plant subventionné par la ville.
